Oumaya Hidri-Neys

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NOTICE BIOGRAPHIQUE

Née en 1979, Oumaya Hidri Neys réalise le début de son cursus STAPS à la Faculté des Sciences et des Métiers du Sport de Valenciennes. Intriguée par le parcours « Recherche », elle s’inscrit en 2000 à l’UFR STAPS de l’Université de Paris Sud 11 pour obtenir un DEA puis un Doctorat en sociologie du sport sous la direction de Catherine LOUVEAU. Sa thèse porte sur le poids des apparences physiques lors de l’accès au marché du travail des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur (à travers les stratégies d’insertion professionnelle qu’ils développent, à travers les discours portés par les intermédiaires de l’emploi, à travers les représentations et pratiques des recruteurs). Nommée maître de conférences à l’UFR STAPS de l’Université de Paris Sud 11 en 2006, puis à la Faculté des Sciences du Sport et de l’Education Physique de l’Université de Lille 2 en 2009, elle soutient son Habilitation à Diriger des Recherches en 2016. Depuis 2008, elle poursuit ses recherches avec les membres de l’Atelier SHERPAS, équipe 3 de l’URePSSS. Dans le cadre du nouveau programme scientifique, ses travaux prennent trois orientations.

La première [1] montrera dans quelles mesures les représentations et les pratiques sportives, intégrées dans la politique des ressources humaines de certaines organisations sportives, peuvent sous conditions contribuer à la stigmatisation/discrimination de certaines catégories de la population. Ici, le sport ne procure guère les deux ingrédients des identités que sont reconnaissance et protection des personnes (Paugam, 2009). Au contraire, il peut constituer un outil participant de la construction de situations et de figures de vulnérabilité (les salariés « vieillissants » ou les salariés ne présentant par les marques d’un corps sportif sur le marché du travail sportif, par exemple).

La seconde [2] sera l’occasion d’interroger les manières dont elle diffuse, traduit et fait comprendre ses résultats. Placer la focale sur des populations vulnérables l’invite à prendre en charge la vocation publique (Burawoy, 2005) de sa discipline en tentant de faire parvenir ses résultats jusqu’à celles et ceux qui subissent les effets associés à cette catégorisation (Grignon, 2002). Il s’agira de conduire des enquêtes et de produire des résultats visant à améliorer la circulation des savoirs, à les rendre plus audibles (Castel, 2002), plus visibles (Fossier et Gardella, 2009) voire plus pertinents (Becker, 2012).

La troisième [3] poursuivra les réflexions entamées autour des questions d’ordres méthodologique, épistémologique, éthique et politique, qui émergent lorsque l’on fait du terrain. Les émotions tendent depuis quelques années à devenir un objet légitime des sciences sociales, en revanche, celles des enquêteurs vis-à-vis de leurs enquêtés demeurent peu visibles dans les modes de restitution du terrain. Pourtant, il est admis qu’elles sont mécaniquement produites par l’usage de la démarche ethnographique qui suppose de créer les conditions d’une relation fondée sur l’empathie (Kauffman, 2003). Elles sont plus particulièrement exacerbées lorsque l’enquêteur travaille auprès de populations vulnérables. Elles invitent donc à interroger les intentions qui gouvernent le choix d’un objet de recherche : objectiver le rapport plus ou moins intime du chercheur à son objet et les conditions sociales dans lesquelles son travail de recherche a probablement germé. Tout ceci justifie plus encore d’adopter une posture réflexive, de poursuivre le travail entamé lors des séminaires de formation doctorale « S’essayer aux récits d’enquête » qu’elle anime depuis 2016 et de contribuer au débat qui anime la communauté scientifique à ce propos.

 

[1] Chantier C de « La place des APS et de l’EPS dans la fabrique et/ou la fragilisation du lien social ».

[2] Chantier A de « Réflexivités et circulation des savoirs ».

[3] Chantier B de « Réflexivités et circulation des savoirs ».

 

 

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