Claire Toulotte

NOTICE BIOGRAPHIQUE

Photo Claire Toulotte

Née en 1977, j’entre à la faculté des Sciences des Sports et de L’Education Physique de Liévin pour y faire mes études STAPS en 1995. Cinq années de formation où je découvre les milieux de l’enseignement et de la rééducation. En 2003, je soutiens ensuite une thèse intitulée «La chute chez la personne âgée : identification des facteurs de chute et prévention par l’entraînement » sous la direction du Professeur André Thévenon et de Claudine Fabre. En 2004, je suis qualifiée en 74ème section et obtiens le concours de Professeur des Ecoles. Depuis 2006, j’exerce les fonctions de Maître de Conférences à l’IUFM puis à  l’Université d’Artois.

Mes travaux m’ont amenée à travailler sur les déterminants biomécaniques (équilibre statique, équilibre dynamique) chez des sujets vulnérables tels que les personnes âgées ou les scoliotiques. La vulnérabilité en biomécanique serait l’étude et l’analyse des déficits de motricité mais aussi la construction de programmes de réentraînement en vue d’améliorer ou de restaurer ces déficits. Il serait donc intéressant de croiser les regards sociologiques, physiologiques et psychologiques afin d’apporter une vision pluridisciplinaire à la vulnérabilité.

Le projet s’intitule « Vulnérables et processus de vulnérabilité chez les entraîneurs et joueurs de football ».

Ce projet de recherche s’inscrit dans le nouveau programme scientifique de l’Atelier SHERPAS (2018-2023). Il implique six enseignants chercheurs (Isabelle Caby, Nicolas Blondel, Loïc Sallé, Hugo Juskowiak, Jean Bréhon et moi-même) dans une perspective de travail pluridisciplinaire. Sociologie, Histoire, Biomécanique et Physiologie, disciplines a priori assez éloignées, vont se côtoyer dans un dialogue où chacune d’entre-elles cherchera à éclairer un point particulier du projet ici présenté.

S’il existe des différences entre joueurs et entraîneurs, on peut néanmoins identifier un certain nombre de similitudes entre ces deux groupes d’acteurs. Il s’agit ici, de la même manière, de quantifier et qualifier les types de vulnérabilités rencontrées en étudiant les conditions de prises en charge des joueurs disqualifiés (ici : le joueur blessé, le joueur écarté du groupe, le joueur déclassé de son statut de titulaire à part entière). La gestion de la condition physique du joueur et la réathlétisation sont deux axes à prioriser afin d’améliorer la condition physique du joueur. L’étude de ces vulnérabilités identifiées requiert de prêter attention aux conditions d’apparition et de répartition des facteurs d’exposition mais aussi à la manière dont les individus parviennent ou non à mobiliser des ressources individuelles ou collectives (Neveu, 2015). L’interaction entraîneurs/joueurs, l’organisation du travail en staff technique (rôle du staff médical et des préparateurs physiques notamment), les outils physiologiques et biomécaniques à disposition et mobilisés feront l’objet d’une analyse.

Il s’agira donc 1) de quantifier et qualifier la vulnérabilité, la fragilité ; 2) de poser la question de la forme de disqualification ; 3) d’identifier les ressources et les dispositifs mis en place.

Nous allons donc comparer par les extrêmes (club amateur de district et club professionnel) afin d’identifier les manifestations des vulnérabilités physiologiques et biomécaniques (condition physique, données anthropométriques et posturales).

Pour ma part, ma contribution en biomécanique consistera à étudier l’équilibre statique et dynamique des joueurs à l’aide d’une plate-forme de posturologie ou d’une plate-forme de force qui seront un moyen d’identifier les indicateurs permettant de caractériser les blessures, d’apprécier la qualité physique des joueurs.

Cette analyse multifactorielle permettra aussi d’éclairer autrement l’exercice des métiers d’entraîneur ce qui constitue un autre angle d’attaque de ce projet (projet développé par Jean Bréhon, Loïc Sallé et Hugo Juskowiak).

Lien projet « Vulnérabilités des entraîneurs et joueurs de football : les liens sociaux-professionnels en questions »

Vulnérabilités des entraîneurs et joueurs de football : les liens sociaux-professionnels en questions

L’axe du programme scientifique de l’équipe SHERPAS, intitulé provisoirement : « vulnérabilités des entraîneurs et joueurs de football : les liens sociaux-professionnels en questions », implique, dans une perspective de travail pluridisciplinaire, six enseignants chercheurs (Caby, Toulotte, Blondel, Sallé, Juskowiak, Bréhon). Il envisage, par la confrontation des regards du sociologue, de l’historien, du physiologiste et du biomécanicien et sous des angles différents :

1. d’identifier et de caractériser les individus vulnérables (Soulet, 2014) issus des groupes professionnels et amateurs de joueurs et entraîneurs de football,

2. d’analyser les processus de vulnérabilités rencontrés (Paugam, 2000),

3. d’expliquer autrement l’exercice du métier (Hughes, 1996), par les conditions de prises en charge de ces populations potentiellement fragilisées dans leur milieu.

Loin d’être uniformes, les groupes professionnels considérés forment des catégories pour le moins hétérogènes (Bréhon, Juskowiak, Sallé, 2016 ; Grün, 2016 ; Bertrand, 2012 ; Juskowiak, 2011). Ces ensembles à géométrie variable (Heinich, 2004), associant plusieurs principes d’excellence unis par un rapport d’homologie entre les niveaux de ressources, à la fois individuels et collectifs des individus qui le composent, sont, comme d’autres groupes, « soumis à des changements continus, caractérisés à la fois par des contours évolutifs et une hétérogénéité interne » (Demazière, Gadéa, 2009). Si la diversité caractérise ces travailleurs sportifs, une similitude (parmi d’autres) les réunit : ils sont constamment confrontés à l’incertitude professionnelle et contractuelle, dans un univers concurrentiel, sélectif voire précaire (Sallé, Juskowiak, Bréhon, 2017). Potentiellement, ces élites sportives a priori privilégiées (Beaud, Guimard, 2011) s’exposent bien à différentes formes de fragilités sociale, professionnelle, physique et psychologique.

Quelles sont-elles précisément ? Quelles disqualifications sociale et/ou professionnelle peuvent-elles causer ? Qui sont les individus les plus concernés? Quels dispositifs protecteurs (Castel, 91 ; Paugam 2000), existent-t-ils, à l’échelle des clubs et des institutions sportives, et quelles ressources sont mobilisées par les acteurs pour faire face à ce type de situations vécues ? Pour quels résultats : rupture ou maintien du lien professionnel et social (Castel, 1995) ?

En cherchant à répondre à ces questions, il s’agit, tout d’abord, pour l’entraîneur professionnel placé sur un banc éjectable, temporairement inactif, déclassé (niveau d’encadrement inférieur) voire en situation de chômage, de qualifier les vulnérabilités rencontrées et d’analyser les processus de dégradation statutaire, d’affaiblissement des ressources, de bien-être, de prestige et de lien social engendrés (Paugam, 2009). Et de questionner les mécanismes institutionnels et individuels mis en place pour rebondir professionnellement et socialement (Volet 1 : Bréhon, Juskowiak, Sallé, Caby).

Pour le joueur, ensuite, la figure du blessé est principalement retenue. A l’échelle d’un club professionnel mais avec le souci de la comparaison aux données nationales disponibles, il s’agira de quantifier et qualifier les types de blessures recensées pour une équipe professionnelle sur la saison et d’établir une typologie « située » des lésions afin d’identifier les principaux facteurs entrant en jeu (fatigabilité, charges de travail, postures, équipements). Là encore, la prise en charge et ses conditions seront étudiées, à partir de la mise en place de tests physiologiques et biomécaniques adaptés aux étapes de détection des blessures, de réadaptation et de réathlétisation du joueur (Volet 2 : Toulotte, Blondel).

Enfin, le troisième volet du travail est consacré, de façon plus exploratoire et pour un échantillon restreint de clubs, à l’étude du monde amateur plus invisible (Beaud, Confavreux, Lindgaard, 2006). Celui des bas niveaux de district, dans lesquels on suppose fragmentation, précarité et confrontation à des problèmes très spécifiques (Rénahy, 2001 ; Chantelat, Bouahouala, Champély, 2001 ; Nuytens, 2006 ; Bréhon, 2013).

Qui sont les entraîneurs engagés dans ces associations ? Que font-ils au cours de la saison ? A quels problèmes d’encadrement des joueurs sont-ils confrontés ? Comment se débrouillent-ils au quotidien pour « faire face » ? L’étude des vulnérabilités, plus anonymes ici si l’on puit dire, pour des clubs aux pratiques traditionnelles (football à 11 compétitif) et aux footballs diversifiés (cecifoot, foot handicap , foot solidaire notamment) requiert de prêter attention aux conditions d’apparition et de répartition des facteurs d’exposition mais aussi à la manière dont les individus parviennent ou non à mobiliser des ressources individuelles ou collectives (Neveu, 2015) pour s’accommoder des manques, sortir des difficultés rencontrées et préserver les liens (Volet 3 : Caby, Toulotte, Juskowiak, Sallé, Blondel, Bréhon).

 

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